Violette
C. Lavallée
Dans les prés verts où le ruisseau
Passe et murmure,
Tu mires au cristal de l'eau
Ta tête pure,
Petite fleur qui se trahit
Si parfumée
Par toi la brise de la nuit
Est embaumée.
Lorsque la lune à l'horizon
Pâle s'allume
Sur ta corolle son rayon
Blanc se parfume
Quand tu fuis les regards de tous,
Humble et discrète,
Ton doux parfum,
ô violette,
Vient vers nous.
Le premier souffle du printemps
Te fait éclore
Et l'hiver qui blanchit nos champs
Te voit encore;
Dans la mansarde, o douce fleur,
A la souffrance
Tu portes l'agréable odeur
Et l'espérance
Quand nos larmes tombent sur toi,
Triste rosée,
Tu consoles dans son émoi
L'âme brisée.
Lorsque ton calice fermé
Devient tout pâle,
Ton dernier souffle qui s'exhale
Est parfumé.