Angélus
C. Saint-Saëns
Les clochers, souverains du soir,
Sous leur protection rassemblent
Le troupeau des toits noirs qui tremblent
Sous quelque vague désespoir
Et, prosternés à l'horizon
Ainsi qu'une foule en prière,
Semblent, en adoration,
Dispenser l'ombre et le mystère...
Leur voix pure soudain s'élève
Majestueuse, à l'infini...
L'angélus réjouit de rêve
L'âme naïve de la nuit...
Courbant pieusement les fronts
Sous l'oraison toute-puissante,
Il fait au silence des monts
Quelque promesse éblouissante...
Et les pâtres, en entendant
Glisser son aile dans l'espace,
Se signent...
Qui fuit dans le vent?
C'est Dieu qui passe...