L'arbre

C. Saint-Saëns

Sur la plaine sans fin, dans la brise et le vent,

Se dresse l'arbre solitaire,

Pensif, et chaque jour son feuillage mouvant

Jette son ombre sur la terre.

Les oiseaux dans leur vol viennent poser sur lui:

Sont-ils corbeaux, ramiers timides?

L'affreux lichen le ronge; il est le sûr appui

Du faible lierre aux nœuds perfides.

Plus d'une fois la foudre et l'autan furieux

Ont fracassé sa haute cime;

Même il reçoit les coups de l'homme industrieux

Sans s'étonner, triste et sublime.