L'Écho de la harpe
C. Saint-Saëns
Pauvre harpe du barde, au lambris suspendue,
Tu dormais, dès long-temps poudreuse et détendue.
D'un souffle vagabond la brise de la nuit
Sur ta corde muette éveille un léger brait:
Telle dort en mon sein cette harpe cachée,
Et que seule la Muse a quelquefois touchée.
Alors qu'un mot puissant, un songe, un souvenir,
Une pensée errante et douce à retenir,
L'effleurent en passant d'une aile fugitive,
Elle vibre soudain; et mon âme attentive,
Émue à cet accord qui se perd dans les cieux,
Garde du son divin l'écho mélodieux.