Le sommeil des fleurs

C. Saint-Saëns

Le soir quand le soleil vers l'horizon s'incline,

Il descend à regret de colline en colline,

Contemple longuement tous les lieux qu'il dorait,

Puis disparait.

Alors les fleurs au val referment leur calice,

Afin que, lui parti, nul regard ne ternisse

Le trésor de fraîcheurs que garde à son retour

Leur chaste amour.

De même à ton départ, ô chère bien-aimée,

Comme ces pauvres fleurs mon âme s'est fermée,

Et pendant ton absence elle ne veut s'ouvrir

Qu'au souvenir!