Invocation

C. Salzedo

Penser à qui dans cette triste vie

Si ce n'est à l'ange qui dois guider mes pas

en faisant entrevoir à mon âme ravie

ce coin de ciel si pur, que je ne connais pas

Ah! si tu descendais un instant sur la terre

ange adoré de qui j'ai rêvé tant de fois

si tu voulais pour moi, dévoiler le mystère

de l'amour, me forçant à dire: oui, j'y crois!

Je metrai sur ta lèvre entreouverte et fleurie

plus de baisers qu'il n'est d'étoiles dans le ciel

afin qu'à tout jamais ta beauté me sourie

je l'envelopperai d'un amour éternel

Et si tu t'endormais sur ma modeste couche,

j'aurais pour envivrer ton sommeil radieux

des mots tendres et doux Puis, ceuillant sur ta bouche

la suprême caresse je me croirais aux cieux