Au matin

C. Widor

I.

Tout est lumière, tout est joie,

tout s'éclaire, tout est vermeil,

l'aurore dans les airs déploie

son voile frangé de soleil,

puis la nature épanouie rit

au joyeux réveil du jour,

les airs s'emplissent d'harmonie,

la terre s'enivre d'amour.

Dans la clairière à l'ombre verte

le doux chevreuil sommeille encore;

Ah! Les branches ont frémi,

ah! Le bois a frissonné,

d'ou vient ce chant, quel est ce bruit?

C'est le cor, voici la chasse,

voici les chiens, ah! comme une flèche

le chevreuil s'enfuit au fond des bois,

sans bruit foulant l'herbe sèche

timide il s'enfuit au fond des bois.

II.

Tout est lumière, tout est joie,

de cent rumeurs l'aube est suivie,

dans les villes et dans les champs

partout le travail et la vie,

ici du bruit, là des chant;

les moissonneurs vont dans la plaine,

faucher les blés, les grand blés d'or.

Ce soir la grange toute pleine

ploiera sous le poids du trésor,

dans la mansarde ou la chaumière

l'amour s'èveille en souriant,

Ah! L'aube, c'est la gaietè,

ah! L'aube, c'est l'avenir;

Tout est èspoir, tout est désir,

le bonheur rayonne aux cieux,

Ah! Chantons, chantons le jour

naissant en nos concerts joyeux.