Amour, dy moy de grace
D. Le Blanc
Amour, dy moy de grace, [(ainsi des bas humains,
Et des dieux soit tousjours l'empire entre tes mains)]
Qui te fournist de fleches,
Veu que tousjours armé en mill' et mille lieus,
Tu perds tes traitz ès coeurs des hommes et des Dieus
Empennez de flammeches?
Mais je te pry dy moy, est-ce point le Dieu Mars,
Quand il revient chargé des armes des soudars
Occis à la bataille?
Ou bien si c'est Vulcan qui dedans ses fourneaus
(Apres les tiens perduz) t'en refaict des nouveaus,
Et en don te les baille?
Pauvret (respond Amour), et quoy ignores tu,
(O gentil serviteur!) la puissante vertu
Des beaus yeus de t'amie?
Plus je repens mes traitz sur hommes et sur Dieus,
Et plus en un moment me fournissement les yeus
De ta belle Marie.