Au Piano

D. Rybner

Tu jouais un grand chant mystique,

Calme, profond, mystérieux;

Dans l'extase de la musique,

Si pâle, tu fermais les yeux!

Et mes mains sur tes cheveux lisses,

Je tenais ton front renversé:

Oh! le rêve plein de délices,

Dont je me sentais caressé!..

Et sur ta paupière fermée

Ma lèvre alors se vint poser,

Te versant, ô ma bien-aimée,

Tout ce rêve en un long baiser;

Et pour un instant nous mêlâmes,

Dans des sourires et des pleurs,

Nos désirs, nos soupirs, nos âmes,

Nos extases et nos douleurs.