Chant de Sion

Darius Milhaud

Ce n'est la rosée ni la pluie,

ce sont mes larmes qui arrosent,

Ô Sion, tes montagnes.

Ce n'est pas le feu ni le soleil,

c'est notre sang qui fait rougir,

Ô Sion, tes cieux!

Et une vapeur monte,

formée des larmes de nos yeux

jusqu'au ciel, et devient de la pluie,

Et ces eaux douces apaisent notre esprit,

l'esprit de ceux qui pleurent Jerusalem.

Ces larmes des yeux

sont une consolation pour l'âme,

un remède au coeur brisé;

ce sont elles qui fortifient les coeurs abattus

et qui apaisent l'âme agitée.