Chant du laboureur

Darius Milhaud

Mon espérance n'est pas encore perdue,

Ô patrie douce aimée,

de trouver sur ton sol

un coin pour m'y établir

avant que ma fin n'arrive...

une maisonnette sur le sommet d'une colline

au milieu d'un jardin de légumes

et d'arbres fruitiers,

une vigne abondante en grappes,

une source limpide jaillissant avec bruit.

Là-bas, sous le feuillage d'un arbre touffu

je travaillerai, je respirerai légèrement.

Devant les ruines environnantes

j'épancherai mon coeur,

je demanderai a quand la fin de la colère?

Mais lorsqu'aux confins des vallées

j'entendrai le chant de mes frères vigoureux

je dirai voilà la fin des tristesses!

Voilà la fin des malheurs.