De premier mai en premier mai
E. Barraine
Comme si nous étions les feuilles d'un même arbre
Nous sommes rassemblés par le vent étouffant
Misère c'est la nuit et guerre le déluge
Du miroir qu'on nous tend ne reste que le plomb
Et ce n'est pas d'hier mais de toujours qu'on ose
Nous promettre au néant nous qui rajeunissons
A chaque bon baiser comme à chaque printemps
Nous qui puisons dans l'avenir notre lumière
D'un ciel mal étalé nos maîtres sont marqués
Nous notre force est nue elle est une et première
Toujours et pour demain sur terre nous les hommes
Nous ne connaîtrons plus que le poids du bonheur
Le poids léger et doux des bourgeons et des fruits.