Niobé

E. Cabaner

Niobé, vous étiez la Lyre

Amoureuse de son trésor,

Qui tient l'ineffable délire

Et la chanson dans ses flancs d'or.

Tendre lueur, vous étiez l'Astre

Mystique et providentiel

Qui plane sur notre désastre,

Voilé, mais dans l'azur du ciel!

Fantôme adoré, dans l'espace

Où volent nos illusions,

Vous étiez le Rêve qui passe

Avec un manteau de rayons!

Vous étiez la prière douce

Où le divin souffle est tombé,

Et la fleur rose que la mousse

Garde et caresse, ô Niobé!

Chant gracieux, astre d'opale,

Ô mon rayon caché pour tous!

Mon ciel bleu, ma fleur douce et pâle,

Mon âme! quand reviendrez-vous?