Le Chant du pêcheur
E. Michotte
Rive enchantée,
Berceau de mes amours,
Onde argentée,
Image des beaux jours,
Que ton cours est limpide!
Que ta fuite est rapide!
Ah! pour mon cœur,
C'est l'adieu du bonheur.
Déjà ma lyre
Gémit dans les roseaux,
Et mon délire
A fait frémir tes eaux.
La naïade plaintive
Se penche sur la rive
Pour m'écouter,
Me plaindre, et m'arrêter.
Cette eau si belle
T'abandonne en courant;
Moi, plus fidèle,
Je m'éloigne en pleurant.
Demain celui que j'aime
M'appellera lui-même:
Vœux superflus!
Je ne l'entendrai plus.
Ah! dans ta course,
Emporte mes tourments;
Mais, à ta source,
Retiens tous mes serments.
Si l'objet que j'adore
Vient m'y chercher encore,
Dis-lui qu'Amour
T'a promis mon retour.