Les trois fils d'or
E. Moór
Là bas, sur la mer, comme l'hirondelle,
Je voudrais m'enfuir, et plus loin encor!
Mais j'ai beau vouloir, puisque la cruelle
A lié mon cœur avec trois fils d'or!
L'un est son regard, l'autre, son sourire,
Le troisième, enfin, est sa lèvre en fleur;
Mais je l'aime trop, c'est un vrai martyre:
Avec trois fils d'or elle a pris mon cœur!
Oh! si je pouvais dénouer ma chaîne!
Adieu, pleurs, tourments; je prendrais l'essor,
Mais non, non! mieux vaut mourir à la peine
Que de vous briser, ô mes trois fils d'or!