Le son du cor s'afflige vers les bois

Eduardo García Mansilla

Le son du cor s'afflige vers les bois,

D'une douleur on veut croire orpheline

Qui vient mourir au bas de la colline,

Parmi la bise errant en courts abois.

L'âme du loup pleure dans cette voix,

Qui monte avec le soleil, qui décline

D'une agonie on veut croire câline,

Et qui ravit et qui navre à la fois.

Pour faire mieux cette plainte assoupie,

La neige tombe à longs traits de charpie

A travers le couchant sanguinolent,

Et l'air a l'air d'être un soupir d'automne,

Tant il fait doux par ce soir monotone,

Où se dorlote un paysage lent.