Ainsi voilà l'espace

F. Berthet

Ainsi, voilà l'espace où ma vie a tourné,

Ces monts, ces arbres sombres.

C'est pour ces incidents si vains et si légers

Que je sortis des ombres,

Pour cette humble fenêtre où l'azur assoupi

Balance des abeilles,

Pour ces rêves menus dont mon coeur endormi

A caressé ses veilles.

Je n'étais que cela, je ne suis que cela,

Ô ma vie isolée,

Et le temps a choisi d'acheminer mes pas

Au sein de ces vallées.

Adieu le souvenir, adieu toutes saisons

Mauvaises ou joyeuses;

Le jour passe et je donne aux brises du gazon

Mon âme harmonieuse.