Au couvent

F. David

Si j'étais l'ardente gazelle,

Qui bondit libre

Dans les bois,

Si j'étais le jeune hirondelle,

Qui fend le ciel,

Rasant les toits;

Par une si belle journée,

Comme j'irais à travers prés

Cueillir la fleur à peine née,

Et des forêts

Humer l'air frais!

Mais au couvent, demeure sombre,

Jusqu'au soir et dès mon réveil,

Je n'ai, captive, que de l'ombre.

Dehors il fait si beau soleil!

D'ici je vois l'oiseau qui vole,

J'entends des chants clairs sous les cieux,

Et je rêve - rêver console,

Dehors tout paraît si joyeux!

Par une si belle journée,

Comme j'irais à travers prés...

Encore un mois, un mois à peine,

Et libre à dix-huits ans!

Aurai-je l'âme aussi sereine?

Mais c'est si bon la clé des champs

Jusque-là toute la journée.

Comme j'irais à travers prés...