La pluie

F. David

Ne vous mêlez jamais

À la nue effarée,

Blanc messager de paix,

Du ciel larme égarée!

Pour ces champs tout en fleurs

Cessez, ô beau nuage,

Cessez votre voyage,

Et sur eux, au passage,

Versez votre fraîcheur.

J'aime ce jour douteux,

Cet instant de silence,

Lorsque du haut des cieux

La pluie enfin commence;

Mais surtout vers le soir,

Temps de mélancolie

Où notre âme assouplie

Devant Dieu s'humilie

Et répand son espoir.

Parfum mouillé des bois,

Douce odeur de la grêve

Montez avec ma voix

Qu'au loin la brise enlève.

Ondée aux gouttes d'or,

C'est vous qui baignez l'aile

De notre ange fidèle;

Autour de l'hirondelle

Tombez encor!