Le captif

F. David

Sur le palais et la chaumière

Le jour se lève radieux;

Quand il descend du haut des cieux,

À ses rayons doux et joyeux

Chacun espère un temps heureux;

Mais jamais sa vive lumière

Ne luit sur ces murs odieux,

Sa lueur sainte et tutélaire

Jamais ne console mes yeux.

O douce patrie,

Rends-moi ton ciel pur et vermeil;

Rechauffe à ton soleil

Mon âme flétrie!

Je veux quitter ces lieux déserts

Où s'emprisonne ma pensée,

Et voir encor les beaux champs verts

De myrthe et de pampre couverts;

Je veux revoir la fiancée

Qui m'offrait un destin si beau,

Avant que de sa main glacée

La mort ait creusé mon tombeau!

O douce patrie...

Ainsi sa voix mourante et tendre

Jetait sa plainte au vent des mers,

Mais, seul, le ciel pouvait entendre

Du prisonnier le voeux amers

Un jour usé par l'esclavage,

Hélas, expira le captif,

Et depuis l'écho du rivage

Redit son chant triste et plaintif;

On croirait d'un oiseau sauvage

Entendre l'adieu fugitif.

L'écho redit son chant triste et plaintif.

O douce patrie...