Le vieillard et les roses

F. David

Le temps fuit! sous sa faux cruelle

Tombent mes jours!

Je vois de même à tire d'aile

Fuir les amours!

Mais loin de moi, regrets moroses de mes vingt ans,

Je puis encor aimer les roses, aimer les roses

Et le printemps.

Si je vous vois sous les charmilles

Chercher le frais,

Si je surprends, ô jeunes filles,

Vos doux secrets;

Le cœur troublé des douces choses

Qu'ainsi j'entends,

Je me console avec les roses, avec les roses

Et le printemps.

Charmants dépits, douces alarmes

Des amoureux...

Moi je me dis, voyant leurs larmes:

Qu'ils sont heureux!

Pour eux combien de fleurs écloses

Sous les autans...

Mais il me reste encor les roses, l'amour des roses

Et le printemps!

Hélas! à d'autres les œillades

Et les chansons!

Les doux propos, les sérénades

Sous les balcons!

Pour moi, pour moi les fenêtres sont closes...

Mais j'eus mon temps!

Et Dieu me laisse encor les roses, l'amour des roses

Et le printemps.