Celle que je préfère

F. Fourdrain

J'aime la petite jonquille

à l'ample et soyeux kimono;

Elle marchande elle babille

Dans les magasins de Yeddo.

Et j'aime aussi mademoiselle

Rayon d'or de Nagasaki

Dès l'aube par sa man fidèle

l'autel de Boudha est fleurie.

Mais entre toute je préfère

Une Geisha de Tokio

Elle se nomme Primevère

Et sautille comme un oiseau.

Aux rythmes légers de sa danse

mon coeur tressaille et s'adoucit

Elle entraine dans sa cadence

Les papillons de mon esprit.

Jonquille, ne soit pas jalouse!

Rayon d'or, Oh! ne pleure pas

Je m'en vais prendre pour épouse

Primevère, Fleur des Geishas.