Chanson norvégienne

F. Fourdrain

Je suis prise d'une tristesse

Qui pèsè, pèse lourdement:

Il me trahit, il me délaisse,

Ce-lui que j'aime tendrement.

C'est fête au village et je danse,

Pour cacher ma douleur, hélas!

Mais il me semble à chaque pas,

Entendre crier ma souffrance!

Au-dessus des fiords de Norvège,

Plus haut que les mâts des vaisseaux,

Plus haut que les sentiers de neige

Où courent, glissent les traineaux,

Ils montent, mes pleurs, mes alarmes,

Et la danse n'arrête pas.

Mais il me semble, à chaque pas,

Tournoyer dans un flot de larmes!