Là-bas
F. Fourdrain
Je vois, en fermant les paupières,
Des horizons doux et lointains;
Je vois là-bas des houblonnières,
Une montagne aux verts sapins.
Il est assis devant sa porte
Le vieux Hans courbé par les ans,
Mais dont l'âme encor reste forte
Et se souvient de l'ancien temps;
Et les filles, jusqu'en Novembre,
Là-bas tant qu'il germe des fleurs,
Les Dimanches ornent leur chambre
D'un gros bouquet aux trois couleurs!
Là-bas, là-bas on se rassemble
Le soir, à l'insu du vainqueur;
On devise l'on cause en semble
Du pays qui vous tient au coeur:
Un moment la douleur s'apaise,
On rêve d'un plus clair soleil,
Et c'est la retraite Française
Qui berce, Alsace, ton sommeil.