Le nuage

F. Rasse

De ce nuage d'or que tu vois dans l'espace

Flotter si doucement, léger comme un oiseau,

Il ne restera plus qu'un peu de neige et d'eau

S'il effleure en passant les régions de glace.

Nous le connaissons tous ce nuage qui passe:

Quand la vie à nos cœurs pèse comme un fardeau,

Il nous cache parfois tout même le tombeau:

Nous y voyons le port où va notre âme lasse.

Oh! disons-nous, la nuit n'est plus, voici le jour!

À nous la gloire, à nous l'ivresse, à nous l'amour!

Plus de mornes soucis! Plus de sombres alarmes!

-- Puis le nuage atteint dans sa course emporté,

Les froides régions de la réalité:

Le beau rêve n'est plus; qu'en reste-t-il? -- des larmes.