Chanson Mauresque de Tunis
F. Salvador-Daniel
Allah! ah! l'eau de cette fontaine
Me fait perdre la raison
Ah! ah! de démons une centaine
Ah! toutes les nuits de lune pleine
Ah! la chose est certaine y viennent brasser leur poison
Un vrai poison
Ah! ah! cette fontaine est l'aïn Maëlma
Ah! ah! c'est la fontaine où va puiser Fathma
Ah! toutes les nuits de lune pleine
Ah! la chose est certaine un diable y brasse son poison
Un vrai poison
Allah! ah! La lune décroissante aux deux cornes d'or.
Ah! ah! à la clarté pâlissante.
Ah! Brodait d'une frange glissante la crête perçante
Des sommets douteux du Nadhor du haut Nadhor.
Ah! ah! Mais ma Fathma, mais Fathma mon amour.
Ah! ah! c'était la lune au quatorzième jour.
Ah! d'une clarté bien pâlissante
La lune décroissante
Brodait les sommets du Nadhor du haut Nadhor.
Allah! ah! Je la vis et je l'aime t'aimer non c'est trop peu.
Ah! ah! c'est l'enfer c'est l'enfer même.
Ah! Qui dans mon sang douleur suprême
D'une ardeur extrême et torrents fait couler le feu couler le feu.
Ah! ah! Mais de Fathma, de mon amour, hélas.
Ah! ah! le cœur est plein des neiges du Guntaz.
Ah! c'est bien l'enfer qui fait lui même
D'une ardeur extrême
Dans mes veines couler le feu couler le feu.