Ses Yeux

F. Schneider

Ses yeux où se blottit comme un rêve frileux,

Ses grands yeux ont séduit mon âme émerveillée;

D'un bleu d'ancien pastel, d'un bleu de fleur mouillée,

Il semblent regarder de loin, ses grands yeux bleus.

Ils sont grands comme un ciel tourmenté que parsème

- Par les couchants d'automne et les tragiques soirs -

Tout un vol douloureux de longs nuages noirs;

Grands comme un ciel, toujours mouvant, toujours le même!

Et cependant des yeux, j'en connais de plus beaux

Qui voudraient sur mes pas promener leurs flambeaux,

Mais leur éclat répugne à ma mélancolie.

Les uns ont la chaleur d'un ciel oriental,

D'autres le mol azur des lointains d'Italie,

Mais les siens me sont chers ainsi qu'un ciel natal.