Le Bohémien

F. Ugarte

Le soleil se meurt sur ton violon,

bohémien qui joues derrière un buisson.

Ta czardas, le doux air, comme la brise une feuille,

vient tourmenter ma peine. La nature s'assombrit.

Une hirondelle s'argente envolée d'un talus.

Un jaune et long rayon se dégage de la nue,

s'appuie comme un archet sur l'horizon qui tremble.

La terre chante, écoutez!

Toute la plaine a gémi.

Je pleure ma belle. Je songe aux morts.

Oh! que de nuages passent sur ma patrie!