Isidore

Fanny Hensel

Vous qui loin d'une amante,

Comptez chaque moment ;

Vous qui d'une inconstante,

Pleurez le changement.

Votre destin funeste

Pour moi serait un bien ;

L'espoir au moins vous reste

Il ne me reste rien.

J'aimais une bergère,

Je possédais son cœur ;

Mais, hélas, sur la terre

Il n'est point de bonheur.

Il ressemble à la rose

Qui s'ouvre au doux zéphir ;

Le jour qu'elle est éclose

On la voit se flétrir.

L'objet de ma tendresse

A subi le trépas ;

Beauté, grâce, jeunesse

Ne la sauvèrent pas.

Je vais bientôt la suivre

Dans la nuit du tombeau ;

Le lierre ne peut vivre

Quand on coupe l'ormeau.