Eau vivante

Fauré, Gabriel

Que tu es simple et claire,

Eau vivante,

Qui, du sein de la terre,

Jaillis en ces bassins et chantes!

Ô fontaine divine et pure,

Les plantes aspirent

Ta liquide clarté

La biche et la colombe en toi se désaltèrent.

Et tu descends par des pentes douces

De fleurs et de mousses,

Vers l'océan originel,

Toi qui passes et vas, sans cesse, et jamais lasse

De la terre à la mer et de la mer au ciel.

Souvent, à l'heure où l'ombre te couvre

Ô source, je me penche sur toi,

Et j'y laisse flotter mes cheveux et mes doigts,

Que tu entraînes et entr'ouvres,

Mais tu te caches, tu fuis en eux,

Et c'est moi-même que je trouve

En te cherchant, Nymphe aux yeux bleus.