Sérénade de Cortez

Franz Danzi

Dérobe ta lumière, oh lune trop brillante,

Nuit, garde le secret de ma timide ardeur.

Zéphyrs, portez ma voix jusqu'à mon amante,

mais qu'elle s'arrête à son coeur.

Mais vous qui loin de cette belle ignorez

de l'amour les ouloureux transports,

dormez indifférents, vous seriez mes rivaux

si je vous parlais d'elle.

Pendant le jour, hélas! réduit à me contraindre

je tremble qu'un soupir ne trahisse mes feux.

Je désire la nuit, alors j'ose me plaindre,

et je me crois moins malheureux.

Vain espoir! Loin de sa présence

le monde est un désert, seul j'y parle d'amour,

reviens, reviens, flambeau du jour

j'aime mieux la revoir et garder le silence.