Jeanne la Lavandière

G. Bazzoni

Au bord de la rivière

C'est un plaisir de voir

Jeanne la lavandière,

La perle du lavoir;

Vigoureuse et leste

Et d'une main preste,

Frappant, frappant toujours,

Comme elle réveille

L'écho qui sommeille

Dans les prés fleuris d'alentour.

Pan, pan, pan!

Son bras nu, du matin au soir

Fait rouler son joyeux battoir.

C'est elle est sage et fière,

Et vraiment il faut voir

Jeanne la lavandière,

La perle du lavoir.

Quand on vient lui dire:

Pour vous je soupire!

Frappant, frappant toujours,

Pour ne pas entendre

La voix douce et tendre

Et mettre en fuite les amours.

Pan, pan, pan!

Son bras nu, du matin au soir,

Fait voler son joyeux battoir.

L'autre jour le gros Pierre

S'étant permis d'oser

A notre lavandière

Dérober un baiser.

Sur notre pauvre homme

Il fallait voir comme

Frappant, frappant toujours,

Aussitôt la belle

Dru comme une grêle

Et sans lui faire un long discours,

Pan, pan, pan!

Tout en riant faisant pleuvoir

Les coups redoublés du battoir!

Malgré tout, le gros Pierre

A demandé sa main,

Et notre lavandière

Se mariera demain.

Qu'il la contrarie,

Bientôt je parie

Frappant, frappant toujours,

Elle fera rage,

Et dans le ménage

On entendra des alentours

Pan, pan, pan!

Car certes, il ne fait pas bon voir

Se mettre en danse son battoir.