Les pastoures

G. Concone

La nuit descend sur la colline,

l'oiseau se tait dans l'aubépine,

à l'horizon dans les flots d'or,

l'ardent soleil déjà s'endort.

Voici pour nous dans nos chaumières,

l'instant plus doux à nos prières,

et voici l'heure du repos

pour les bergers, pour les troupeaux.

« On dit dans le village,

qu'à la nuit sous l'ombrage,

revient l'âme volage

de Jeanne les beaux yeux! »

« Pourquoi, Suzanne, croire

à cette étrange histoire,

quie fait qu'à la nuit noire,

tu veux quitter ces lieux? »

« Ah! ma sœur,

j'ai bien peur! »

« Quoi! ma sœur

tant de peur;

quelle erreur! »

La nuit descend

etc.

« Quelle est cette lumière,

qui luit dans la bruyère?

Hélas, sur cette pierre

je tombe en la voyant... »

« Regarde, je t'en prie!

Cent fois ma sœur chérie,

tu vis dans la prairie,

ce feu du ver luisant. »

« Ah! ma sœur,

j'ai bien peur! »

« Quoi! ma sœur

tant de peur;

quelle erreur! »

La nuit descend

etc.