D'un gosier machelaurier

G. Costeley

D'un gosier masche-laurier

J'oy crier

Dans Lycophron ma Cassandre,

Qui prophetise aux Troyens

Les moyens

Qui les reduiront en cendre.

Mais ces pauvres obstinez,

Destinez

Pour ne croire à leur Sibylle,

Virent, bien que tard après,

Les feux Grecs

Forcenez parmy leur ville.

Ayans la mort dans le sein,

De la main

Plomboient leur poitrine nue,

Et tordant leurs cheveux gris,

De longs cris

Pleuroient qu'ils ne l'avoient creue.

Mais leurs cris n'eurent pouvoir

D'esmouvoir

Les Grecs, si chargez de proye,

Qu'ils ne laisserent sinon

Que le nom

De ce qui fut jadis Troye.

Ainsi, pour ne croire pas,

Quand tu m'as

Predit ma peine future,

Et que je n'aurois en don,

Pour guerdon

De t'aimer, que la mort dure,

Un grand brasier, sans repos,

Et mes os

Et mes nerfs et mon cœur brûle,

Et pour t'amour j'ay receu

Plus de feu,

Que ne fit Troye incredule.