La correspondance amoureuse
Donizetti, Gaetano
Billets chéris, interprètes de l'âme,
je n'ose pas vous garder plus longtemps;
né de ses yeux perissez dans la flamme j'ai peur de vous
indiscrets confidents, c'en est donc fait tous ces écrits
si tendres, ne seront plus, helas! qu'un peu de cendres.
Brulez! Brulez! gages d'amour,
vous serez là gravés toujours.
Je veux encor palpitante,
et revie de leur nectar m'enivrer
une fois: de flot en flot je remonte ma vie;
dans chaque mot je retrouve sa voix.
Billets chéris, mon beau trésor, ma gloire,
avant l'adieu passez dans ma memoire.
Quand il saura le dernier sacrifice pour l'adoucir,
qu'il me plaigne du moins, billets chéris,
que le sort s'accomplisse,
disparaissez sans pitié sans témoins.
Ah! les transports de l'étranger qui m'aime,
qu'ils n'aillent point s'évanouir,
de même, brulez! brulez! gages d'amour,
mais dans son coeur vivez toujours.