Philis plus avare que tendre

Donizetti, Gaetano

Philis, plus avare que tendre,

Ne gagnant rien à refuser,

Un jour exigea de Silvandre

Trente moutons pour un baiser.

Le lendemain, seconde affaire;

Pour le berger le troc fut bon:

II exigea de la bergère

Trente baisers pour un mouton.

Le lendemain, Philis, plus tendre.

Craignant de moins plaire au berger,

Fut trop heureuse de lui rendre

Tous les moutons pour un baiser.

Le lendemain, Philis, peu sage,

Voulut donner mouton et chien,

Pour un baiser que le volage

A Lisette donna pour rien.