L'ombre plus dense

G. Lekeu

L'ombre plus dense et par la douce chamber

S'approfondit le calme c'est la nuit.

Et l'âme lasse le doute vient et nuit

Dans la douleur de ce soir de Décembre.

Brêves les lueurs apparues

Fuient à quelque dolent néant.

Et tombent au vague béant

Des espérances tôt perdues.

Triste cœur à jamais brisé

De toute ivresse dégrisé,

Tu songes, cœur morne et glacé

Pour qui l'effort par toi laissé!

Und langueur douce et profonde

Lente te berce dans son onde

Et te console.

Triste accueil,

Triste rêve d'un triste monde

Finissant au proche cercueil.

Sous la sombre tenture a disparu la chambre.

Au foyer assoupi par la profonde nuit.

Au triste charme en l'absence de bruit

A la douleur de ce soir de Décembre.