Pépa

G. Mathias

Pépa, quand la nuit est venue,

Que ta mère t'a dit adieu;

Que sous ta lampe, à demie nue,

Tu t'inclines pour prier Dieu;

A cette heure où l'âme inquiète

Se livre au conseil de la nuit;

Au moment d'ôter ta cornette

Et de regarder sous ton lit;

Quand le sommeil sur ta famille

Autour de toi s'est répandu;

O Pépita, charmante fille,

Mon amour, à quoi penses-tu?

Qui sait? Peut-être à l'héroïne

De quelque infortuné roman;

A tout ce que l'espoir devine

Et la réalité dément;

Peut-être à ces grandes montagnes

Qui n'accouchent que de souris;

A des amoureux en Espagne,

A des bonbons, à des maris;

Peut-être aux tendres confidences

D'un coeur naïf comme le tien;

A ta robe, aux airs que tu danses;

Peut-être à moi, peut-être à rien.