Provence
G. Pierné
Ah! Viens, ma petite Mireille,
Le soleil dore le chemin;
Ta joue à la rose est pareille,
Ton cou blanc comme le jasmin.
Dans le matin encore humide,
Au pied de l'oranger en fleur,
On voit la colombe timide
Suivre le ramier roucouleur.
Comme une robe d'épousée,
La terre revêt le printemps,
Ma main presse ta main rosée,
Et je sens frémir nos vingt ans.
Ah! Viens, Mireille, ah! viens, Mignonne
Sur ton front pur je veux poser,
Avec le rameau qui bourgeonne,
La flamme d'un premier baiser!