Mystère et mort

Spontini, Gaspare

Belle, accordez, en ce lieu solitaire,

Plainte et regret

À qui longtemps sut gémir et se taire,

Et le mystère

Protège encor son funeste secret.

Ici vécut, dans la fleur de jeunesse,

Un étranger;

Son doux regard respirait la tendresse.

Plein de tristesse,

Doux souvenir le semblait affliger.

De l'intérêt qu'inspira son jeune âge

Aux villageois,

Il vit à peine un léger témoignage.

Sombre et sauvage,

Il nous fuyait pour errer dans le bois.

Son âme un jour paraissait occupée

D'un grand dessein.

Bientôt, hélas! notre vue est frappée

De son épée

Que l'on venait d'arracher de son sein.

Qui provoqua d'une mort volontaire

L'affreux décret?

Chagrin d'amour et devoir trop austère,

Mais le mystère

Ensevelit ce funeste secret.