Chanson de Clown (Le Soir des Rois)

Godfrey Edward Pellew Arkwright

Fuis, mon âme, fuis! Je meurs sous les traits

De la plus cruelle des vierges.

Viens, ô mort! Qu'on m'étende à la lueur des cierges

Dans un cercueil de noir cyprès.

Qu'on m'ensevelisse loin d'elle

Dans le blême linceul couvert de branches d'if,

Qui, partageant mon sort, ami sûr mais tardif,

Du moins me restera fidèle.

Que pas une fleur, une pauvre fleur

Sur ma tombe ne soit semée;

Pour moi, que nul ami, que nulle voix aimée

N'ait des paroles de douleur.

Que je sois seul avec mes peines,

Et laissez au désert blanchir mes ossements,

De peur que sur ma tombe, hélas! les vrais amants

Ne versent trop de larmes vaines.