Mathilde
H. Braga
Que Mathilde est jolie,
Je la vis quelques jours,
Et pour elle j'oublie
Mes premières amours.
Sur un coursier rebelle
Je la vis s'élancer.
A cheval qu'elle est belle
Si belle
Qu'on devient infidèle
En la voyant passer.
Au bal je l'ai revue.
Le front paré de fleurs,
Là sa grâce ingénue
Attirait tous les cœurs;
Là, comme une gazelle,
Je la vis s'élancer,
Au bal, dieu, qu'elle est belle!
Si belle
Qu'on devient infidèle
En la voyant valser.
A l'autel de Marie
Je la vis à genoux,
Et du Dieu qu'elle prie
Je me sentis jaloux.
Sur la pierre, auprès d'elle.
Je vins m'humilier.
A genoux qu'elle est belle!
Si belle
Qu'on devient infidèle
En la voyant prier.
Mais ce n'est rien encore:
Les suaves accents
De la voix que j'adore
Ont enivré mes sens;
Sa voix brille, étincelle,
On n'y peut résister.
Dieu, que sa voix est belle,
Si belle
Qu'on devient infidèle
En l'entendant chanter.