Roses d'hiver
H. Gilles de Fontenailles
Vous souvient-il du jour, de l'heure et de l'instant?
La nuit d'hiver était si pâle et désolée
Qu'à peine miroitait au givre de l'alléee
L'indécrise lueur d'un astre grelottant!
Et comme les taillis n'avaient ni chants d'oiselles,
Ni vols blancs de ramiers rayant les clairs eaux
Pour oublier l'exil attristant des oiseaux!
J'ai pris vos doigts qui frissonnaient comme des ailes!
Et parce que la neige avait mis ses pâleurs
Aux arbres défleuris pleurant le long des sentes
Pour évoquer l'éclat des floraisons absentes
J'ai regardé s'ouvrir vos yeux, qui sont des fleurs!
Et puisqu'aux églantiers les églantines closes
N'exhalaient plus le charme enivrant des parfums
Pour devancer l'éveil des arômes défunts
J'ai cueilli vos baisers d'amour, qui sont des roses!