Élégie - Clémence n'est plus !
H. Proch
De cris se font entendre!
Ici tout est en deuil!
Ce deuil est pour Clémence
et voilà son cercueil!
Fallait-il, o grand Dieu!
La faire aussi jolie
pour la couvrir d'un crêpe
au matin de sa vie.
Clémence, tu n'es plus!
Je t'aimais sans espoir;
aux bras d'un jeune époux
j'aspirais à te voir.
Fière de ton hymen,
heureuse autant que belle,
tu devenais l'orgueil
de ton époux fidéle!
Quand d'un rêve flatteur
se berçait mon sommeil,
une amère douleur
m'attendait au réveil.
La mort frappait Clémence;
eh! je vivais pour elle!
La nuit fuit et le jour,
sur son tombeau m'appèle.
So âme a pris son vol...
un ange manque au ciel;
sur Clémence est tombé
le choix de l'éternel!
La tombe se referme,
et l'on bénit la pierre,
qui couvre le trésor,
que nous ravit la terre.
De celle qui n'est plus,
l'art reproduit les traits,
il sait tromper nos yeux
pour calmer nos regrets:
Ah! quand l'art reproduit
les charmes de Clémence,
de la rendre à nos pleurs,
que n'a-t-il la puissance!
Adieu, Clémence!
Ombre planes sur nous!