Je vous ai vue enfant

H. Tournaillon

"Je vous ai vue enfant, maintenant que j'y pense,

Fraîche comme une rose et le coeur dans les yeux.

- Je vous ai vu bambin, boudeur et paresseux;

Vous aimiez lord Byron, les grands vers et la danse. "

Ainsi nous revenaient les jours de notre enfance,

Et nous parlions déjà le langage des vieux;

Ce jeune souvenir riait entre nous deux,

Léger comme un écho, gai comme l'espérance.

Le lâche craint le temps parce qu'il fait mourir;

Il croit son mur gâté lorsqu'une fleur y pousse.

Ô voyageur ami, père du souvenir!

C'est ta main consolante, et si sage et si douce,

Qui consacre à jamais un pas fait sur la mousse,

Le hochet d'un enfant, un regard, un soupir.