Une autre !

I. de Camondo

Que de jours se sont envolés,

Que de soleils se sont voilés,

Que de cendre et que de fumée

Sur les chemins et dans le vent,

Depuis que je m'en vais rèvant

À ma dernière bien-aimée!

Une autre ne viendra donc pas,

Faisant renaître sur ses pas

Les enchantements que je pleure,

Ranimant les fleurs des gazons,

Et tendant, sur les horizons,

-- Comme un voile, -- l'oubli de l'heure?

Mon mal n'est pas près de finir,

Car, de son ancien souvenir,

Mon âme est toujours prisonnière.

-- Celle que mon désir attend,

Ah! je ne l'aimerai qu'autant

Qu'elle ressemble à la dernière!