Fantaisie persane

I. Fuerison

Au printemps, quand le monde est comme un paradis,

quand chantent les oiseaux dans les soirs attiédis,

Du grand ciel bleu, pareil à du satin de Chine,

Quand la lune répand sa caresse divine,

Pour donner un moment de fête à tes regards,

Fais venir une vierge aux longs cheveux épars,

Qui, te chantant les vers d'un poète mystique,

T'enivrera de ses yeux noirs, pleins de musique.

Fleur pâle, qu'elle exhale une exquise senteur;

Que longtemps elle danse et tourne avec lenteur.

Puis à tes pieds tombant, que sur eux elle pose

Son visage en sueur qui s'est teinté de rose.