Le parc aux hautes murailles

I. Fuerison

Je vis dans un parc dessiné de ma main

Sous des arbres déja séculaires,

C'est un parc de merveille aux nombreux chemins

Aux bosquets ombrages de mystère,

Et dont toutes les fleurs s'ouvriront demain

Car il n'est de saisons pour le Rêve

le présent, le passé, le future... mots vains...

qui divisent l'éternité brêve

Dont nous grise un moment son parfum divin

Peu m'importe au dehors qu'on en raille

Ou qu'on jette des pierres vers mon jardin

Car mon parc a de hautes murailles!

Elles vont jusqu'au ciel, d'où mes seuls voisins

dans la nuit... les étoiles, la lune

Y promènent tout nus leurs rayons mutins

À l'abri de la foule importune

Ils y dansent leurs rondes de gais lutins

En caprice de leurs farandoles

Et mes noirs marronniers font briller soudain

Tous les cierges de leurs girandoles

Qu'un détour imprévu de la danse éteint

Peu m'import au dehors qu'on en raille

Ou qu'on jette des pierres vers mon jardin

Car mon parc a de hautes nurailles!