Sonnet
I. Fuerison
Que ta maison soit douce et qu'en ton jardin mûr
Le noueux espalier s'entrecroise à la treille,
Que Décembre l'argente et que Mai l'ensoleille,
Et que la rose soit plus haute que le mur!
Si le couchant ruisselle en flammes dans l'azur
Ou si l'aube au ciel pâle en souriant s'éveille,
Que ta douce maison qui songe et qui sommeille
S'ouvre aux parfums légers qu'apporte le vent pur!
Que le paon ébloui et la colombe blanche
Qui roue en l'herbe verte ou gémit sur la branche
Franchissent librement la fenêtre et le seuil,
Et, doux de neige tiède ou froid de pierreries,
Que l'oiseau de l'Amour ou l'oiseau de l'Orgueil
Entrent y voir dormir l'Espoir aux mains fleuries!