Dans une musette
I. Poldowski
Quand j'aurai jeté mon âme comme un caillou dans la mer
Je promènerai longtemps, tout le long des pays verts,
Ma musette diligente et pleine de nouveaux airs.
Ils seront d'alure fole, sitôt oubliés que dits,
Sitôt perdus que joués, vagues, vagues... et, tant pis!
N'ayant d'âme plus assez pour aler en Paradis.
Avec des mots blanc sur blanc, de silence évanouis,
Avec des rires, des cris, des larmes parfois aussi,
J'y hasarderai mon cœur, l'amour en étant sorti.
Tout le long des pays verts, d'une démarche légère,
Je promènerai ma vie dans cette musette claire
Qu'écouteront les agneaux, les enfants et les grand-mères.
J'irai, j'irai, je te dis! quand j'aurai jeté mon âme,
Quand j'aurai jeté ceci que personne ne réclame,
Et que le porte en souci depuis mes premières larmes.